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Sur la dernière quinzaine de juin, le sucre brut a amorcé une belle progression et l’échéance la plus proche, octobre 2026 dépasse désormais les 15 cts/lb.
Il faut dire que les spéculateurs ont considérablement réduit leurs positions à la vente : ils étaient nets-vendeurs de -6,8 Mt en début de mois, ils terminent le mois nets-vendeurs de -5,0 Mt. Trois nouvelles, sur le mois, peuvent expliquer ce nouveau positionnement.
Tout d’abord, le rythme de la campagne brésilienne semble revenir à la normale. Les derniers chiffres se sont fait attendre et on ne dispose toujours que des données portant sur les deux premiers mois de campagne (avril et mai). Mais ils sont clairs : après le rythme effréné d’avril, le mois de mai est bien plus calme. Et si le pays a, certes, transformé 15 % de canne en plus que l’an dernier à la même époque, il a produit 2 % de sucre en moins car l’éthanol a, lui, progressé de 32 %.
Ensuite, en Inde : le volume des pluies de la mousson du mois de juin n’a été, dans les états canniers, que la moitié de ce qu’il est d’habitude, faisant craindre une moindre production de sucre. S&P y anticipe désormais une production de sucre de 28,5 Mt produites (+ 2,5 Mt converties en éthanol), contre 30,2 (+2,9) Mt l’an dernier.
Enfin, et ce sujet est lié au précédent, l’impact d’El Niño devrait durer jusqu’à la fin de l’année.
In fine, les avis des analystes sont partagés : S&P anticipait, le 2 juillet dernier, toujours un surplus sur la campagne mondiale 2026/2027, à 2,6 Mt, quand Global Data anticipait, dans sa publication de la mi-juin, un déficit de 1,8 Mt.
Le sucre raffiné profite davantage : la prime de blanc (la différence entre le sucre blanc et le sucre brut) dépasse les 150 $/t, et frôle un niveau record, du fait notamment des activités moindres des raffineries du Moyen-Orient. Et comme l’euro reste faible (sous les 1,15$/€), la conversion en euro de ce sucre raffiné montre une belle progression : on est au-dessus de 415 €/t, du jamais-vu depuis plus d’un an.
Mais les cours européens, malgré ce contexte, restent bien mollassons, faute d’échanges, et dans un contexte de stocks européens actuellement supérieurs d’environ 10 % à leur niveau de l’an dernier.
Pourtant, rien ne semble joué pour la campagne prochaine. Au contraire : la baisse des surfaces européennes est conséquente, estimée à -8,5 % selon la Commission européenne. Avec une hypothèse de rendement moyen, l’Europe devrait produire 2,4 Mt de moins que l’an dernier : dans ce cas, les stocks de fin de campagne seraient au plus bas depuis 2022. Or, cette hypothèse de rendement moyen, compte tenu de la vague de chaleur actuelle qui interrompt la croissance en plaine et affaiblit la betterave face aux ravageurs, semble perdre en probabilité…
Enfin, comment ne pas mentionner le pétrole, dont le cours s’est remarquablement normalisé en bien peu de temps. L’éthanol suit le mouvement, et s’approche des 70 €/hl. La situation n’est pas aussi aisée pour le gaz qui, lui, peine à s’assagir : on reste autour des 45 €/MWh pour se faire livrer à l’automne prochain.
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