La campagne 2026 est catastrophique pour beaucoup de planteurs. Il importe néanmoins de récolter...
Quel réveil du marché sur la première quinzaine d’octobre ! Le sucre brut a temporairement dépassé les 21 cts/lb, porté par les craintes d’El Niño sur les récoltes à venir – et notamment en Inde. En effet, pour la campagne actuelle, il est demandé à la filière cannière de ne pas répondre aux appels d’offres relatifs à la carburation. C’est historique car, jusqu’à présent, le pays misait beaucoup sur sa filière éthanol : l’an dernier, ce sont 3 Mt de sucre qui n’ont pas été produites, au profit de ce débouché. Certains analystes anticipent même que le pays devra importer a minima 3 Mt de sucre pour équilibrer son bilan !
Mais, depuis cette annonce, les cours ont montré un net repli, et le terme proche (mars) est repassé sous les 19 cts/lb.
D’une part, il y a une consolidation : les spéculateurs s’assagissent. Ils restent acheteurs nets de quelque 6,5 Mt de sucre ; c’est beaucoup, mais c’est 2 Mt de moins qu’il y a quinze jours.
Et, d’autre part, les facteurs macroéconomiques reviennent, très fortement, dans la course. Le pétrole grimpe nettement : +13 % sur le mois, passant momentanément au-dessus des 115 $/baril avant de se reprendre. Tous les indices énergétiques grimpent : le gaz, en Europe, pulvérise ses records, l’éthanol brésilien gagne 11 % (en réal).
Mais c’est surtout la monnaie brésilienne qui plombe le cours du sucre. La réélection de Lula à la présidence a fait dévisser le réal face au dollar : il perd presque 8 % sur le mois et il faut, à nouveau, plus de 5,5 BRL pour avoir 1 $ ; on n’avait pas vu cela depuis un an. Cela pèse sur les cours du sucre, libellés en dollars : le principal fournisseur peut vendre moins cher son sucre en dollars ; il touchera le même montant dans sa monnaie. D’ailleurs, si le cours du sucre brut affiche, sur le mois d’octobre, une perte de 6 % en dollars, sa conversion en réal gagne 1,5 % !
En Europe, les mauvais rendements, en France et en Allemagne du Sud, font progresser le prix spot du sucre. Il dépasse désormais largement les 600 €/t, rendu utilisateur, partout en Europe – et dépasse même les 680 €/t en Méditerranée. Il a gagné plus de 100 €/t depuis l’été dernier, et la tendance pourrait durer car le déficit en sucre, dans l’Union, s’annonce important. À voir si le sucre produit en Europe pourra en profiter : cela dépendra de la quantité qui a déjà été contractualisée…
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