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Le 17 février, un record historique a été atteint sur le marché à terme du sucre brut, avec des positions des spéculateurs nettes-vendeuses à 12,9 millions de tonnes de sucre. Dit autrement, ces opérateurs financiers « mettaient » alors sur le marché un volume de sucre presque équivalent au tiers de la production annuelle de sucre brésilien…
Un tel niveau ne s’était encore jamais vu : il faut remonter à septembre 2019 pour noter un volume proche (-12,5Mt). Nous étions alors à la veille de la crise du Covid, et le sucre brut avoisinait les 10 cts/lb. La bonne nouvelle est que, cette fois-ci, le prix du sucre s’est maintenu autour de 14 cents par livre.
Il reste d’ailleurs proche de ce niveau aujourd’hui, même après le changement de terme : l’échéance la plus proche concerne désormais des livraisons en mai, donc après le début de la prochaine récolte brésilienne.
Il faut dire que les fondamentaux ne sont pas baissiers. Les rendements sucriers en Inde sont décevants et plusieurs analystes estiment désormais que le pays ne produira qu’environ 29 Mt cette saison, alors que plus de 31 Mt étaient attendues.
Le 3 mars, S&P a d’ailleurs publié une nouvelle estimation pour la campagne mondiale en cours (2025–2026) : l’analyste prévoit désormais un déficit de 0,5 Mt. Quelques jours plus tôt (le 27 février), l’ISO a publié sa propre prévision, anticipant encore un léger excédent (+1,2 Mt), tout en indiquant que les stocks mondiaux, en septembre 2026, ne représenteraient que 51,8 % de la consommation mondiale : c’est le niveau le plus bas depuis 15 ans – alors même que l’organisation parie sur une hausse de consommation mondiale seulement de 0,3 %.
Dans ce contexte, les positions des spéculateurs peuvent désormais être perçues comme un facteur haussier. Cet effet pourrait être encore renforcé par l’incertitude créée par les bombardements au Moyen-Orient.
En effet, les restrictions au commerce mondial et les tensions sur les marchés de l’énergie pourraient avoir des conséquences significatives, bien qu’elles restent difficiles à quantifier à ce stade. Le marché du sucre est particulièrement vulnérable, car le marché de l’éthanol dépend des prix du pétrole. Actuellement, le pétrole s’échange autour de 80 dollars le baril, soit un niveau 30 % plus élevé qu’il y a trois mois.
L’effet sur le gaz en Europe s’annonce aussi majeur mais, dans l’immédiat, le marché du sucre en Europe reste calme. A cette époque de l’année, il n’y a pas de négociation en cours, et la Commission européenne vient de publier le prix du sucre livré en janvier dernier, à 511 €/t – un montant stable par rapport au mois dernier, car négocié bien avant l’entrée en campagne.
Bref, l’actualité européenne concerne plutôt les semis : avec des estimations à -7 %, c’est un net retrait par rapport à l’an dernier, et la promesse d’un retour à une situation déficitaire dès octobre prochain…
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