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En mars, le sucre, sur le marché mondial, a enregistré une hausse de près de 15 %. Une hausse directement liée à la situation au Moyen-Orient, qui a fait grimper les cours du pétrole à 100 dollars le baril.
Beaucoup estiment, en effet, qu’une hausse du prix de l’énergie va modifier le bilan mondial du sucre. Cela se conçoit aisément lorsqu’on regarde le Brésil : des prix du pétrole plus élevés entraînent une hausse des prix de l’éthanol, ce qui conduit à transformer la canne à sucre en éthanol plutôt qu’en sucre. Précisons que la réalité n’est pas aussi simple en raison des politiques énergétiques brésiliennes : bien que les prix du pétrole aient augmenté de plus de 20 % au cours du dernier mois, le prix de l’éthanol brésilien n’a augmenté que de 2 % au cours de la même période…
Mais l’effet psychologique est là, d’autant que la prochaine campagne brésilienne ouvrira le mois prochain. Or, les spéculateurs sont avides d’informations, leur permettant de modifier leurs positions. Ils ont sauté sur l’occasion : en l’espace d’un mois, ils ont réduit de moitié leurs positions à la vente : ils sont désormais vendeurs-nets de 6,4 millions de tonnes de sucre, contre plus de 12 millions de tonnes début mars. 6 millions de tonnes en moins à vendre sur le marché, cela joue – quand bien même ce sucre n’aura jamais existé ! Résultat, le cours du sucre remonte, et le sucre brut livrable en mai prochain a frôlé les 16 cts/lb, avant un léger correctif, devenu classique au gré des annonces de Trump…
Le sucre blanc affiche des performances encore meilleures. La « prime du blanc » (la différence de prix entre le sucre raffiné et le sucre brut) dépasse à nouveau les 110 $/t, un niveau que l’on n’avait pas vu depuis un an. Deux raisons : d’une part, on peut anticiper un raffinage moins compétitif en raison de la hausse des coûts énergétiques et, d’autre part, on est tenté d’y voir une anticipation de difficultés du côté des raffineries du Golfe, qui contient une bonne part des capacités de raffinage mondial.
Tout cela profite évidemment au marché européen : le marché spot gagne plus de 60 €/t en un mois – mais reste toujours sans échange à cette époque de l’année. Et l’éthanol, lui aussi, est en pleine forme : il dépasse désormais les 80 €/hl, un niveau qui n’avait pas été vu depuis 3 ans – et qui est un débouché du quart des betteraves françaises !
Des bonnes nouvelles qui ne doivent cependant pas en faire oublier une, bien moins bonne : ces niveaux sont tout simplement nécessaires, car le prix du gaz, en Europe, a presque doublé pour s’installer désormais autour de 50 €/MWh, pour les industriels qui ne se seraient pas couverts pour des livraisons à l’automne prochain, lorsqu’il faudra transformer les betteraves tout juste en terre ! Et sans compter l’impact, en exploitations, de la hausse du prix des engrais et du fuel…
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