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Après plusieurs mois de torpeur, le sucre brut, sur le marché mondial, a connu une véritable flambée : depuis début août, il s’est apprécié de presque 20 % de sa valeur pour dépasser désormais les 17,5 cts/lb.
Ces évolutions sont en lien direct avec les spéculateurs : ils étaient nets-vendeurs de 6,4 Mt de sucre fin juillet, ils sont désormais acheteurs-nets de 1,5 Mt ! Est-ce un feu de paille ? L’avenir le dira. En tout cas, El Niño fait peur à tout le monde. Ce phénomène climatique pourrait être d’une ampleur exceptionnelle, avec moins de mousson en Inde, et plus de pluie au Brésil. Il est déjà là, et devrait atteindre son maximum entre octobre 2026 et janvier 2027.
Or, l’Inde manque déjà d’eau : les pluies étaient inférieures de 13 % à la moyenne en juin et juillet. Certains anticipent maintenant que le pays devra importer pour équilibrer son bilan, alors que le pays n’a pas été importateur net depuis presque 10 ans… Le gouvernement a d’ailleurs facilité les conditions d’importation pour la prochaine campagne.
Effet contraire au Brésil : El Niño provoquerait davantage de pluies, ce qui pourrait freiner la fin de campagne brésilienne. D’ailleurs, si elle avait démarré en trombe, elle se calme désormais. Et beaucoup : en juin 2026, le pays a transformé 14 % de canne de moins que l’an dernier à la même époque, et principalement pour produire de l’éthanol. Sur les 4 premiers mois de sa campagne (avril-juin), le Centre-Sud n’a produit « que » 10,7 Mt de sucre, c’est 12 % de moins que l’an dernier à la même époque. L’éthanol s’en sort bien mieux (+20%), et cela devrait durer : le pays est passé de l’E30 à l’E32 depuis le 1er août, pour une durée de 6 mois renouvelable. Mieux : la taxation des carburants pourrait encourager encore davantage la filière bioéthanol, dans un contexte de pétrole cher : il est à nouveau au-delà des 90 $/baril.
Du coup, les analystes revoient leurs bilans. La campagne mondiale en cours (d’octobre 2025 à septembre 2026) reste perçue en surplus (+1,9 Mt selon S&P, +1,7 Mt selon Global Data). Mais le déficit mondial 2026-2027 reste sujet à doutes : -0,9 Mt selon Czarnikow, -1,7Mt selon StoneX et -2,2Mt selon Global Data. Seul S&P continue désormais à anticiper un surplus (+3,5Mt)…
En Europe, c’est plus calme, même si le spot gagne 40 €/t depuis 3 semaines, porté par le contexte mondial et les prévisions de (très) mauvais rendements, particulièrement en France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne du Sud. La question est désormais de savoir quelle proportion de sucre européen a été vendue avant l’été… Le risque : que le prix ait été fixé pour l’essentiel des volumes, avant la reprise du marché mondial et à la certitude, désormais acquise, d’une campagne déficitaire en Europe ! En tout cas, il est heureux que les opérateurs se soient couverts sur le gaz, car il s’envole à un niveau jamais vu : au-delà des 65 €/MWh ; C’est trois fois la valeur du début de l’année…
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