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Paris, le 15 avril 2026 – Depuis plusieurs jours, les betteraviers constatent, dans leurs parcelles de betteraves sucrières, une très forte présence de pucerons verts, vecteurs de la jaunisse virale. Encore profondément marqués par la crise de 2020, ils redoutent le pire pour cette nouvelle campagne betteravière. La CGB (Confédération Générale des planteurs de betteraves) appelle une nouvelle fois les pouvoirs publics à légiférer pour redonner aux agriculteurs français des moyens de lutte efficaces et approuvés par toutes les autorités sanitaires.
Les températures estivales de ce début avril, bien au-dessus de la normale, ont favorisé l’arrivée massive et précoce des pucerons verts, vecteurs de la jaunisse virale, une maladie redoutée par les betteraviers qui peut détruire jusqu’à 70 % des récoltes.
Une majorité de régions betteravières sont déjà touchées par cette invasion de pucerons. Elle fait peser un risque majeur sur la production, sur l’équilibre économique des exploitations et de notre filière, déjà très fragilisée par la crise sévère de 2020 (perte de 30% de la récolte nationale – représentant 280 M€ en valeur – et jusqu’à 70% du rendement dans certaines régions). Cette invasion survient dans un contexte d’explosion des charges (augmentation de 100% du prix du GNR et de 20% de celui des engrais), conséquence du conflit au Moyen Orient.
Les semis sont à peine terminés que les betteraviers se voient contraints de traiter ces minuscules betteraves – au stade deux feuilles (plus petites qu’une pièce de 2 euros). Si cette pression persiste, ils seront obligés de recommencer dans 10 jours. La CGB dénonce cette aberration : il existe une solution technique qui permettrait de lutter efficacement contre cette invasion précoce de pucerons : l’utilisation de flupyradifurone en enrobage des semences.
Cette solution, comme l’acétamipride (en aspersion), est accessible à tous les betteraviers européens mais les betteraviers français en sont privés, ce qui plombe leur compétitivité.
Alors que l’absence d’alternatives efficaces et l’impasse technique en cas de forte invasion sont avérées (notamment par le rapport de l’INRAe d’octobre 2025), la CGB réitère sa demande de changer la loi française pour redonner aux agriculteurs français tous les moyens de lutte approuvés par les autorités sanitaires européennes et nationales et utilisées par tous leurs voisins européens.
« La précocité et l’ampleur des invasions de pucerons nous inquiètent beaucoup. Depuis 2023 nous redoutons ce scénario à chaque nouvelle campagne. Sans moyen de lutte efficace contre ces fortes invasions, c’est toute la filière sucrière française qui est en péril. Il est urgent que les pouvoirs publics mesurent la menace qui plane sur nos cultures et que la loi soit changée pour nous permettre enfin de mieux protéger nos cultures et garantir notre souveraineté », déclare Franck Sander, Président de la CGB.

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