L’invasion précoce de pucerons est généralisée sur l’ensemble de la France...
La culture de la betterave sucrière met encore nos nerfs à rude épreuve cette année : les jeunes plantules sortent à peine de terre, qu’il nous faut déjà les traiter pour lutter contre une invasion de pucerons, précoce et généralisée à l’échelle de la France betteravière.
Je dénonce l’aberration économique et environnementale que constituent des traitements sur des betteraves plus petites qu’une pièce de 2 euros. Pour les semis 2026, tous les betteraviers européens ont eu accès à des semences enrobées avec de la flupyradifurone. Cette substance protège efficacement les betteraves pendant environ 40 jours après semis. De quoi permettre aux jeunes pousses de résister aux attaques de pucerons.
Nous, betteraviers français, sommes privés de cette solution, comme de l’acétamipride, en raison d’un choix politique, d’une loi franco-française, source d’une distorsion de concurrence inexplicable et inacceptable.
Rappelons que la flupyradifurone est autorisée dans l’Union européenne jusqu’en 2029 et l’acétamipride l’est jusqu’en 2033. Ces substances ont fait l’objet d’évaluations approfondies par les autorités sanitaires européennes et nationales, notamment l’EFSA et l’ANSES.
En l’absence de semences enrobées avec de la flupyradifurone, certains betteraviers français ont déjà traité deux fois leurs betteraves, à ce jour. Mais les plantes restent vulnérables jusqu’à ce qu’elles couvrent le sol, en juin. Pour rappel, quatre traitements nous sont autorisés (Teppeki, Verseon et deux Movento). Qu’adviendra-t-il si les pucerons continuent à pulluler dans nos champs ? Serons-nous condamnés à voir notre récolte dévastée par la jaunisse, comme en 2020 ?
Cette situation dramatique désespère les betteraviers et alimente leur défiance, non seulement envers la culture mais aussi envers la capacité des responsables politiques à revenir au bon sens et à renoncer aux sur-réglementations mortifères.
Nous le répétons depuis des mois : cette distorsion constitue une menace majeure pour les surfaces, les outils industriels et l’ensemble de notre filière.
Arrêtons enfin de vouloir nous ériger en modèle environnemental, alors que nous sommes déjà les premiers de la classe en la matière. Ayons le courage de corriger une erreur manifeste qui plombe notre compétitivité et nos filières agricoles !
J’appelle solennellement le Gouvernement et les parlementaires à faire preuve de courage et de pragmatisme et à changer la loi française pour réautoriser, de façon ciblée, l’usage de flupyradifurone et d’acétamipride, dans les termes inscrits dans la proposition de loi dite « loi Duplomb 2 (co-signée par les Sénateurs Buis, Cabanel, Louault et Menonville). Les débats prévus à l’Assemblée nationale en mai, puis au Sénat en juin, sur le projet de loi d’urgence agricole arrivent à point nommé pour le faire.
Car en effet, il y a urgence à agir pour sauver notre filière betterave-sucre-alcool, fleuron industriel et pilier de notre souveraineté alimentaire et énergétique, en France et en Europe.
L’invasion précoce de pucerons est généralisée sur l’ensemble de la France...
Pour la recevoir chaque semaine, par email, inscrivez-vous...
Suivre l'actualité
Rester informé(e)
Partciper aux
actions de la CGB